Peur bleu…

C’est fou comme le fait de devenir parent nous change profondément. Parmi ces grands changements je me suis rendu compte qu’un évènement que j’ai vécu petite m’avait profondément marqué. Ce traumatisme a refait surface à la naissance de ma fille et plus particulièrement depuis qu’elle marche.

C’est l’été que c’est le plus difficile à vivre, car j’ai une peur bleu de la noyade!!

Je tiens particulièrement à partager mon histoire avec vous, car tous les ans on entend dans les médias des noyades d’enfants et même d’adultes. Les statistiques disent qu’environ 3 personnes par jour perdent la vie par noyade… rien qu’en France!! La majorité d’entre elles sont des enfants de moins de 6 ans. J’espère que le fait de partager mon histoire et mon angoisse vous permettra d’être plus vigilants.

Quand j’étais petite nous avions une piscine à la maison. Une chance énorme qui faisait beaucoup d’envieux à l’époque. Je devais avoir environ 7 ans, comme souvent en été lorsqu’il faisait chaud avec ma mère et mon petit frère nous allions profiter un peu de la piscine après avoir mangé. Sauf que ce jour là ne fut pas comme d’habitude…

Mon petit frère avait 1 an et demi à ce moment là, en plein dans l’âge qui adore plus que tout être dans l’eau. Ma petite voisine de l’époque avec qui je jouais souvent est venue me retrouver pour passer l’après-midi ensemble. Ma mère m’avait installé dans le jardin une petite toile de tente juste à côté de la piscine. C’était ma petite cabane. On s’est donc enfermées dedans pour commencé à jouer tranquillement avec nos poupées Barbie. Il est vrai qu’à l’époque j’aimais bien être tranquille pour jouer car avec ma tornade de petit frère c’était presque impossible.

Ce fut le moment pour mon petit frère de sortir de l’eau pour aller à la sieste… autant dire que la sieste c’était pas son truc. Ma mère a donc dit « je vais coucher ton frère ».

Et puis tout est allé très vite, l’instant d’une minute après j’ai entendu ma mère hurler et sauter dans la piscine. Je suis donc sortie en trombe de cette satanée cabane pour voir ma mère sortir de l’eau mon petit frère et le secouer de toutes ses forces pour lui faire recracher l’eau qu’il avait pu avaler. Mon petit frère semblait sonner mais n’avait pas vraiment perdu connaissance. Par chance!!

Que s’était-il donc bien passé? Qu’est ce que mon petit frère faisait ici, il n’était pas à la sieste?!!

En réalité ma mère était partie chercher une couche, j’ai cru qu’il était avec elle et elle a cru qu’il était avec moi. Mon frère a profité de ces quelques secondes d’inattention, comprenant qu’il allait devoir faire la sieste pour retourner à la piscine plutôt que d’aller  faire la sieste. Ma mère, sûrement grâce à son instinct maternel, en arrivant dans sa chambre a eu envie de regarder par la fenêtre et là juste à coté de l’escalier d’entrée, dans la piscine elle a vu une masse noire sous l’eau et tout d’un coup une bulle d’air remonter à la surface. Elle a sauté par la fenêtre  pour se précipiter dans l’eau et récupérer mon petit frère qui était en train de se noyer. Et c’est là que j’ai réalisé qu’on avait frôler le pire. Nous l’avons quand même conduit aux urgences pour être sûr que tout allait bien pour lui.  Mon petit frère a grandit sans aucune séquelle ni appréhension de l’eau. Il voulait même devenir Marin Pêcheur!! Heureusement pour nous cet événement n’a pas eu une fin tragique!!

Du haut de mes 7 ans je me suis sentie responsable…. Responsable de ne pas l’avoir entendu, de ne pas avoir compris ma mère. C’est vrai on se dit toujours qu’un enfant qui tombe à l’eau on devrait l’entendre. Bien non, si il y a bien une chose que j’ai apprise c’est qu’un enfant qui va dans une piscine passe toujours pas l’escalier et descend donc tranquillement, sans bruit dans l’eau, exactement comme il le fait avec nous lorsqu’il a ses bouées.

Le pire c’est j’ai bien failli revivre ça il y a un an chez mes beau-parents. Aujourd’hui les protections autour des piscines privés sont obligatoires et heureusement. Ce n’était pas encore le cas à l’époque de mon petit frère. Chez mes beaux-parents la protection c’est la coque en plastique au-dessus de la piscine qui permet de la chauffer rapidement et de la fermer complètement de l’extérieur. Un jour après le déjeuner, alors que mon chéri et son papa étaient partis enlever une partie de la coque pour que l’on puisse profiter de la piscine, ma Minuscule et sa cousine les ont suivi quelques instants après sans qu’ils s’en aperçoivent. Ils avaient déjà enlevé la première partie de la coque qui consiste en une sorte de grande porte qui ferme la bulle. Ils étaient en train de la poser un peu plus loin quand en revenant mon chéri à entendu quelqu’un tousser en dessous de la bulle. En arrivant il a découvert notre fille, entièrement mouillée qui lui a expliqué qu’elle avait voulu attraper quelque-chose dans l’eau et qu’elle était tombée. Mon chéri a été profondément choqué, il a réalisé qu’effectivement ce genre d’accident peut arriver très vite alors même que l’on est a côté et que l’on pense avoir un oeil sur la situation. Notre fille a eu énormément de chance aussi ce jour là, son instinct de survie lui a permis de pouvoir prendre appui sur les grandes marches de l’escalier. Mon dieu, vous imaginez mon angoisse en découvrant cela!!!

Ces évènements ont laissé des traces, des peurs, des angoisses qui chez moi ont refaits surfaces depuis que je suis moi même devenue Maman. Je veux que pour elle si la baignade rime avec maillot de bain, cela rime surtout avec le  mot bouées!!  Depuis qu’elle et son frère vont au centre de loisirs durant les vacances, je n’ai pas encore eu le courage de les inscrire pour les journées sortie piscine ou à la mer. J’appréhende trop encore.

Un psychiatre m’a dit un jour que cet événement avait profondément marqué ma personnalité. En effet je suis pas de nature à faire beaucoup la fête, à m’amuser. Plus jeune et encore maintenant ce n’est pas moi que certaines de mes copines appellent pour aller voir un concert ou sortir en ville le soir. Je suis trop « sage » je pense, je me laisse pas assez « aller » pour être « fun ». Souvent ça m’a fait de la peine, maintenant je me suis faite une raison.  Ce psychiatre m’a dit qu’en effet depuis ce jour là, où je jouais tranquillement alors que juste coté de moi se déroulait quelque chose de dramatique, j’avais certainement associé le jeu et l’insouciance au danger.  C’est vrai que dans les soirées, je prends facilement le rôle de celle qui veille sur tout le monde et j’ai du mal à faire confiance à quelqu’un d’autre pour ça. En gros, je suis capable d’être la SAM du SAM !!

Enfin voilà, j’avais besoin de le  partager avec vous. J’avais besoin de vous dire que ce genre d’accident arrive très vite et surtout, surtout que contrairement à ce que l’on pourrait penser, un enfant qui va volontairement dans une piscine ne fait pas « PLOUF » et que même si vous êtes à quelques mètres vous risquez de ne pas l’entendre.

De plus je voudrais dire à ma maman un énorme MERCI, car ce jour là, elle a non seulement sauvé la vie de mon petit frère mais elle a aussi sauvé la mienne.  Sans elle et son instinct de maman, je vivrais aujourd’hui en me sentant énormément responsable. Alors merci Maman, tu as été héroïque!!!!

J’espère évidemment que vos vacances d’été se passeront du mieux possible, avec le beau temps et de jolies baignades en famille. Merci beaucoup à vous d’avoir pris le temps de lire cette article un peu long mais qui me tient tellement à coeur.

Je vous embrasse et bel été!!!

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8 réflexions sur “Peur bleu…

  1. jailly dit :

    Quand j’étais petite ma soeur (4 ou 5 ans à l’époque ) a elle aussi failli ce noyer chez des amis nous étions une quinzaine autour de la piscine des enfants mais aussi plusieurs adultes. Nous étions sortit de ma piscine pour prendre l apéritif ma petite soeur est tombé en voulant récupérer un jouet, elle n’a pas crier ni fait de bruit heureusement quelqu un l’a vue avant qu’elle se noie ma maman pensait que mon père la surveillait mon père pensait que c’était ma mère… nous étions pourtant à moins de 2 m de la piscine. Aujourd’hui ma soeur va bien même si elle ne va pas dans l’eau si elle n’a pas pied et nous qui habitons à la mer avons pris l’habitude avec mon chéri de dire qui surveille notre fils à voix haute et on ne le lâche pas des yeux même une seconde si l’autre n’est pas disponible…

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    • minusculesfamily dit :

      On est malheureusement pas infaillible même avec la meilleure volonté. C’est hyper important en tant que parents de communiquer pour être sûr de savoir qui prend le relais comme vous le faites. Votre petite soeur était plus grande que mon frère, elle se souvient donc très bien de ce moment contraire à mon frère qui n’a aucun souvenir. Ça doit très impressionnant de vivre. Quelle chance elle a eu. On a presque la même histoire en faite et les mêmes appréhensions du coup. Merci d’avoir pris le temps de mettre ce commentaire.

      Aimé par 1 personne

  2. Depont Julie dit :

    Superbe témoignage je suis un peu comme vous sur le fait de ne pas arriver à être « fun ». Pas toujours facile effectivement mais on se fait une raison.
    Merci pour cette preuve de courage.

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  3. GARDER dit :

    Il est très chouette ton article Laurie, bravo ! C’est fou comme des évènements marquants de nos vies, peuvent influencer autant sur ce que nous sommes aujourd’hui … bisous et tu as raison il faut être hyper vigilant avec nos bout de chou…

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